lundi 4 janvier 2016

2015 – UNE ANNEE CATASTROPHIQUE POUR LES DROITS DE L’HOMME ET POUR L’ENVIRONNEMENT AU PEROU

2015 - UN AÑO CATASTRÓFICO PARA LOS DERECHOS HUMANOS Y PARA EL MEDIO AMBIENTE EN PERÚ.

Le Pérou a démarré l’année 2015, avec  210 conflits sociaux dont 140 conflits socio-environnementaux latents ou en cours (voir lien).
 
Sur l’ensemble de l’année 2015 le nombre de conflits sociaux est de 258, avec un bilan très lourd de 19 morts et plus de 870 blessés, depuis le début du gouvernement d’Ollanta Humala le nombre de morts atteint les 90 et le nombre de blessés atteint 2367, il faut rappeler, et c’est une particularité du Pérou, que les ¾ de ces conflits sont des conflits socio-environnementaux, en particulier lié à l’activité minière (Voir lien).
 
Concernant les droits de l’homme l’année 2015 a été marquée par 3 nouvelles déclarations d’état d’urgence et l’assassinat d"au moins 10 personnes qui protestaient ou s’opposaient à des projets miniers ou hydroélectriques :

Le 23 mai 2015 – Arequipa, province d’Islay – suite aux manifestations contre le projet minier Tia Maria, la mort de 3 manifestants abattus par la police (Victoriano Huayna Nina tué par la police à Cocachacra (Islay) le 22 avril 2015, Henry Checlla Chura tué par la police à Mollendo le 5 mai 2015, Ramón Colque Vilca le 22 mai 2015) et le décès d’un policier des suites d’une fracture du crâne (voir lien).
 
Le 26 mai 2015 - Militarisation de 7 régions en prévision d’éventuels troubles, Ayacucho, Apurímac, Cajamarca, Cusco, Moquegua, Puno y Tacna (voir lien)(voir lien).
 
Le 29 septembre 2015 – Déclaration d’état d’urgence en Apurimac et Cusco, suite aux protestations contre le projet Las Bambas et l’assassinat par la police de 4 manifestants (Uriel Elguera Chilca, Beto Chahuallo Huillca, Alberto Cárdenas Chalco  et Exaltación Huamaní Mío) à Chalhuahuacho (Cotabambas/Apurimac).le 28 septembre 2015 (voir lien)(voir lien).

Le 23 octobre 2015, Erick Mendoza Pumaylle est assassiné par des hommes de mains de la compagnie minière Exporaciones Andinas à Puquio Ayacucho pendant une manifestation contre la contamination provoquée par l’exploitation minière (voir lien).
 
En décembre, ce sont de nouveaux 2 opposants aux projets hydroélectriques sur le fleuve Marañon (et notamment au projet Chadin II) qui sont assassinés par des hommes de mains, Jorge Mamani Huancachoque est tué de 2 balles dans la tête le 10 décembre, Hilder Ananías Rojas Gonzales est tué de 5 balles le 28 décembre. (voir lien)(voir lien).

Concernant l’environnement, l’année 2015 a été la continuité de l’année 2014 en ca qui concerne la mise en place des « paquetazos ». L’environnement comme les droits de l’homme et comme les populations rurales et indigènes doivent s’effacer devant l’investissement extractiviste et en particulier minier.

L’année 2015 a vu se multiplier les problèmes de contamination et les plaintes des communautés dans toutes les régions du pays. Notamment, les problématiques liées à la présence de métaux lourds (arsenic, plomb, cadmium, mercure, uranium, etc..) totalement lié au drénage minier acide (DMA) affectent maintenant toutes les régions ou existe une activité minière. (Bambamarca) (Hualgayoc) (Tumbes) (Moquegua) (Ancash) (Cajamarca).


Même la capitale Lima ne semble pas épargnée (Sedapal). En septembre les habitants de la province de Pasco ont effectué une marche jusqu'à Lima pour obtenir un plan d'urgence sanitaire au vu des problèmes de santé catastrophiques liés à la contamination minière dans la région (cas de Pasco)

Pour autant le gouvernement ne semble pas pour autant prendre le problème au sérieux et le système médical et hospitalier s'avère incapable de faire face à la situation, comme cela est le cas dans la province d'Espinar (voir lien) (voir lien).

Au contraire, le gouvernement essaie soit de cacher l'information, soit de menacer les médecins qui lancent des alarmes (voir lien).

Finalement, profitant des fêtes de Noel, le gouvernement décide de relever les taux admissibles de la plupart des métaux lourds dans l'eau à travers du décret (Decreto Supremo N° 015-2015-MINAM du 19 décembre 2015) (voir lien)(voir lien). Les nouvelles valeurs sont largement au dessus des standards admissibles de l'OMS, en parfaite violation de la résolution 64/292 de 2010 de l'ONU sur le droit universel à l'eau potable et à l'assainissement.



 

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